Marche pour la fraternité

2017 –  6 m

Avec des centaines d’étoiles, venues de partout, pour éclairer la nuit, ce morceau a servi de banderole pour la Marche interreligieuse pour la fraternité du 22 mars 2017 à Strasbourg

 

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À quoi l’on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence ?

Un vieux rabbin demandait une fois à ses élèves, à quoi l’on peut reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence.

Est-ce lorsqu’on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton ?

Non dit le rabbin.

Est-ce quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ?

Non dit le rabbin.

Mais alors, quand est-ce donc ? Demandèrent les élèves.

Le rabbin répondit : C’est lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu reconnais ton frère ou ta sœur. Jusque là, il fait encore nuit dans ton cœur.

 

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Explications du Père Basile Iorgulescu à propos de la ceinture roumaine 

Cette bande-là représente en fait une sorte de ceinture, qui fait partie intégrante du costume populaire roumain. Les femmes l’utilisaient jadis – moins actuellement, sauf dans la région nordique de Maramures – pour entourer plusieurs fois leur milieu. La ceinture, appelée « bété », n’était pas un simple élément décoratif, elle avait avant tout une utilité pratique très importante, car les femmes étaient obligées de soulever et porter de lourds fardeaux, elles devaient protéger leurs muscles abdominaux. La tenue féminine de notre chorale arbore le costume populaire, qui est très beau, et nous avons procuré un nombre suffisant de « bété ».

 

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Extraits de la prédication de Noël 2017 du pasteur Christophe Kocher à St Guillaume Strasbourg :

L’œuvre … laisse apparaître une multitude d’étoiles sur un fond noir. Leur taille, leur forme, leur couleur sont variées et renvoient symboliquement à une foule de personnes, très différentes, qui lorsqu’elles se rassemblent et vivent la fraternité, deviennent semblables à un magnifique ciel étoilé qui illumine la nuit, ou encore, qui transforme la nuit en jour, … 

Cela dit, l’œuvre illustre aussi toute la fragilité et la vulnérabilité de la fraternité … Un énorme crocodile est représenté en train de broyer le mot fraternité, dont les lettres sont du reste mélangées. 

Ce crocodile, affairé à engloutir la fraternité et à créer le chaos auquel renvoient les lettres dans le désordre, regarde en direction de la colombe, symbole de paix, comme s’il avait repéré sa prochaine proie… Là où la fraternité se trouve menacée, voire broyée, c’est la paix qui se trouve en péril. 

Nous le savons bien : lorsque l’autre est juste considéré comme un autre plutôt que comme une personne, plutôt que comme un frère, une sœur, les malentendus apparaissent et déclenchent inévitablement de la violence. Comme l’indique le patchwork à côté du crocodile, il s’agit de résister, de résister à tout ce qui représente une menace pour la fraternité, autour de nous, mais aussi en nous ; nous avons toutes et tous un crocodile qui sommeille quelque part en nous… 

Résister, s’engager en faveur de la fraternité peut s’avérer difficile et s’accompagner d’âpres luttes, à commencer contre soi-même. 

Mais cet engagement vaut la peine, pour nous, pour notre entourage, pour le monde… 

 

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Un dessin de Plantu avec son aimable autorisation.

 

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Le logo de Comprendre et s’engager.

 

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Une photo du travail sur papier de Claude Braun.

 

Une colombe émergeant de la guerre et ses flèches enflammées, ailes blessées, tachées, rapiécées.

 

>>> voir la banderole pour la marche de la fraternité dans sa totalité sur le diaporama